Attentat déjoué : les deux suspects comptaient frapper «dans les prochains jours»

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«Entre 10 et 11 heures, deux hommes ont été arrêtés dans le IIIe arrondissement de Marseille, par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), avec l’appui du Raid», a confirmé le ministre de l’Intérieur Matthias Fekl. Crédits photo : Thibault Camus/AP

C’est le scénario redouté par les services de renseignements: une attaque terroriste en pleine campagne présidentielle. Ce mardi, deux hommes soupçonnés de préparer un attentat «imminent» ont été arrêtés à Marseille, à cinq jours du premier tour, selon une source proche de l’enquête. Les deux hommes de 23 et 29 ans ont été interpellés dans le cadre d’une enquête en flagrance ouverte à Paris pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et infraction à la législation sur les armes en relation avec une entreprise terroriste.

Dans la foulée, le ministre de l’Intérieur, Matthias Fekl a apporté quelques précisions sur ce projet avorté: «Entre 10 et 11 heures, deux hommes ont été arrêtés dans le IIIe arrondissement de Marseille, par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), avec l’appui du Raid», a confirmé le tout nouveau locataire de la Place Beauvau. De nationalité française, les deux hommes étaient prêts à frapper le territoire «dans les tout prochains jours», «à la veille de l’élection présidentielle», a ajouté le ministre.

Plusieurs candidats avertis du risque terroriste

Les deux suspects – le plus âgé originaire du Nord et le second originaire du Val d’Oise – étaient des individus chevronnés, connus pour leur radicalisation. À ce stade, on ignore si leur projet d’attentat visait un meeting, un rassemblement ou un bureau de vote en particulier mais selon Le Parisien, ils avaient l’intention de s’en prendre à un candidat. Lequel? Rien n’est confirmé mais plusieurs d’entre eux avaient été prévenus dès jeudi du risque terroriste qui planait autour d’eux.

Ainsi, l’entourage de François Fillon expliquait ce week-end dans le Journal du dimanche que «cela faisait plusieurs jours» qu’ils avaient été informés «d’une menace visant» le candidat de la droite et du centre. «Seul François Fillon a fait l’objet de mesure de protection renforcée», a toutefois nuancé la même source. «C’était le cas aux meetings de Montpellier et de Nice». Ainsi, le meeting de vendredi soir s’est déroulé avec la mise en place d’un dispositif de sécurité exceptionnel, mettant en œuvre des unités d’intervention du Raid et des tireurs d’élite.

Des perquisitions en cours

Ces arrestations interviennent à l’issue d’une enquête diligentée par la section antiterroriste du parquet de Paris et menée par plusieurs dizaine de policiers. Et grâce aux services de renseignement britanniques: «L’information initiale vient des services britanniques qui auraient capté des données sur deux individus connus des services de renseignement», a indiqué au Figaro une source proche de François Fillon. La semaine dernière, «une photo montrant des armes» aurait été interceptée ainsi qu’une vidéo dans laquelle les deux suspects prêtaient allégeance à Daech, selon Le Parisien. «On y verrait également la Une d’un journal français consacré aux élections où apparaît la photo d’un candidat».

Selon le ministère de l’Intérieur, des perquisitions sont toujours en cours mais des éléments matériels confirmeraient d’ores-et-déjà ce projet d’attentat. Des armes de poing, des armes longues ainsi que du matériel rentrant dans la composition d’explosifs ont été retrouvés, selon des sources proches de l’enquête. Des opérations de déminage sont également en cours dans des lieux que le ministre n’a pas souhaité révélés à ce stade des investigations.

Plus de 50.000 policiers et gendarmes mobilisés

«Tout est mis en oeuvre pour assurer la sécurité des Français et le bon déroulé de la campagne présidentielle, des meetings, des rassemblements et des candidats», a insisté Matthias Fekl dans un second temps. Pour sécuriser les 67.000 lieux de vote, plus de 50.000 policiers et gendarmes, appuyés par les militaires de l’opération Sentinelle, seront mobilisés pour assurer la sécurité de l’élection présidentielle pour chaque tour, annonçait-il ce week-end dans une interview au Journal du Dimanche. «J’ai adressé en ce sens une circulaire à l’ensemble des préfectures tant sur les mesures de prévention à prendre que sur les éventuelles interventions en cas de difficultés», détaillait-il.

Le procureur François Molins devrait s’exprimer à ce sujet, a prévenu le ministre de l’Intérieur, sans plus d’explications. Rapidement, le président de la République François Hollande a salué ces arrestations. «Tout ce que je peux dire, c’est que nos services et nos policiers ont travaillé de manière remarquable nous permettant d’arrêter deux personnes qui vont maintenant être confrontées devant des juges et des policiers pour que nous sachions exactement quelles étaient leurs intentions. C’est une prise remarquable», a déclaré le président depuis Le Creusot.